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Les représentants de la pêche artisanale font entendre leur voix à la FAO

juillet 24, 2024

Du 5 au 7 juillet, une centaine de représentants de la pêche artisanale du monde entier se sont réunis à Rome, à la FAO, pour la deuxième édition du Sommet de la pêche artisanale (SSF Summit). Certains d’entre eux ont également participé à la 36e session du Comité des pêches (COFI), qui s’est tenue jusqu’au 12 juillet. Le groupe de travail sur la pêche du Comité international de planification pour la souveraineté alimentaire (CIP) a joué un rôle important, avec une trentaine de dirigeants représentant les principales organisations de pêcheurs et les peuples autochtones du monde entier. Les membres du CIP de 19 pays ont saisi cette occasion pour faire progresser les droits de l’homme et la souveraineté alimentaire de leurs peuples et de leurs communautés.

Le CIP a orienté le discours politique du sommet par une série d’actions et de présentations stratégiques, comme la présentation des tribunaux des peuples de l’économie bleue menés par les membres du CIP en Asie, en Afrique du Sud et au Brésil. Ces tribunaux ont été salués comme des outils participatifs efficaces pour protéger les droits du SSF et dénoncer les violations des droits. En outre, la présentation du rapport du rapporteur spécial Michael Fakhri sur le droit à l’alimentation dans le contexte de la pêche et du changement climatique a renforcé les discussions. Cet effort était particulièrement significatif, marquant le 10e anniversaire de l’adoption des directives SSF. Les contributions de l’IPC ont souligné le décalage croissant entre ces directives et l’escalade de la pauvreté et de la faim parmi les communautés de pêcheurs, ainsi que la marginalisation des questions de genre.

Avec le Sommet de la PPE, le CIP a été en mesure d’unifier diverses organisations de la SSF dans le monde entier et de créer un espace non technique où elles peuvent être entendues par les universités, les ONG, les institutions intergouvernementales et surtout les gouvernements. En effet, le sommet a facilité certaines confrontations et certains dialogues avec des représentants gouvernementaux avant le COFI36.

Le Sommet de la SSF a souligné la nécessité pour les gouvernements de reconnaître les territoires ancestraux de la SSF et des peuples autochtones et d’incorporer les droits de propriété coutumiers dans les politiques nationales de pêche. Les droits fonciers coutumiers sont souvent mal reconnus, ce qui rend les femmes particulièrement vulnérables en raison de leur exclusion de ces systèmes et de l’absence de droits de propriété foncière. En outre, le manque permanent de soutien financier, de services de santé et d’éducation et d’infrastructures adéquates continue de contribuer à la pauvreté et à la marginalisation des FSS, les empêchant de réaliser pleinement leur potentiel. Nous avons également réaffirmé notre position ferme à l’égard d’initiatives telles que l’initiative 30×30 sur la crise climatique, que nous considérons comme une fausse solution, et l’OMC. Nous avons insisté sur le besoin critique de réintégrer le SSF dans l’agenda du COFI, en rassemblant les participants autour de cet objectif juste avant le COFI.

La 36e session du COFI, qui s’est tenue du 8 au 12 juillet 2024 et a été présidée par l’Arabie saoudite, a offert des possibilités limitées de participation d’observateurs, y compris pour le CIP.

Malgré le 10e anniversaire des lignes directrices sur la pêche durable, la pêche artisanale n’a pas occupé une place prépondérante dans l’ordre du jour. Elles ont été mentionnées dans plusieurs documents du COFI et dans les discussions en plénière, mais aucun point de l’ordre du jour n’a été consacré spécifiquement à la pêche artisanale. C’est pourquoi nous demandons instamment aux gouvernements et au bureau du COFI de réintroduire à l’ordre du jour un point consacré à la pêche artisanale. Les communautés de pêche artisanale et les peuples autochtones constituent l’épine dorsale des écosystèmes océaniques et continentaux. La pêche ne doit pas être considérée uniquement sous l’angle économique des stocks de poissons et des systèmes axés sur le marché tels que l’aquaculture. De telles perspectives aboutissent souvent à l’accaparement de territoires, à la dislocation de communautés, à l’appauvrissement de terres et d’eaux et à la création de populations vulnérables. Il s’agit fondamentalement des populations et de leur lien profond avec les eaux et les territoires dont elles dépendent et pour lesquels elles survivent depuis des générations.

Notre travail ne s’arrête pas là. Compte tenu de la position marginale actuelle du SSF dans l’agenda politique et des décisions prometteuses prises par le COFI36, nous travaillerons dans les années à venir pour attirer à nouveau l’attention sur le SSF et la mise en œuvre des lignes directrices sur le SSF avant les prochaines sessions des sous-comités et du COFI.

Nous persisterons dans nos efforts pour créer des espaces d’unité et de solidarité, où nous pourrons définir nos agendas politiques et continuer à lutter pour les droits des communautés de SSF et des peuples autochtones et à adopter une position ferme sur les questions de SSF.